• R√©jane Ferr√©

Joyeux 1er mai ūüíź

Dernière mise à jour : 2 mai

Joyeux 1er mai ūüíź


D'o√Ļ vient le 1er mai ?


Prenons un instant pour nous remémorer l'origine de ce jour férié. En 1886, plusieurs personnes ont été tuées, alors que des ouvriers revendiquaient un meilleur équilibre entre leurs temps de travail, de loisirs et de sommeil. 136 ans plus tard, les conditions ont été effectivement améliorées… mais il reste encore du travail en la matière ! La valeur travail semble toujours prioritaire à l'heure d'aujourd'hui par rapport à la valeur vie. J'ai eu de nombreux témoignages en ce sens :


"La famille c'est bien, mais le travail passe avant !"



Un papa avait été convoqué sans délai à un entretien d'embauche, et avait alors demandé à décaler l'heure proposée de l'entretien pour pouvoir déposer ses enfants à l'école, n'ayant pas le temps de trouver une solution de garde. Il s'est entendu dire à son arrivée "La famille c'est bien, mais le travail passe avant"...


Une maman fut violemment critiquée alors qu'elle prit des jours pour s'occuper d'un de ses enfants malade…


Une autre dut rappeler à son employeur qu'elle travaillait pour vivre, et non l'inverse, alors qu'il voulait encore augmenter sa charge de travail déjà harassante, du fait du manque de personnel (on se demande d'ailleurs pourquoi les candidats ne se bousculent pas au portillon ..).


Tant d'autres jug√©s parce qu'ils d√©bauchent √† l'heure et ne tra√ģnent pas au bureau‚Ķ Ne serait-ce pas juste une preuve de leur efficacit√©, d'un travail bien fait durant le temps imparti ? Les parents ont des enfants √† aller chercher chez la nounou, √† la cr√®che, √† la garderie‚Ķ moyens de garde qui ont un co√Ľt. Pour ensuite rentrer chez eux, surveiller les devoirs, laver les enfants, faire √† manger, d√ģner, faire diverses t√Ęches m√©nag√®res, de la paperasse, les comptes etc. Comment caler un temps de qualit√© avec chaque membre de sa famille, ou avec soi-m√™me (d√©tente, √©panouissement personnel, passions‚Ķ) alors que la soir√©e est d√©j√† √©coul√©e, et qu'on n'a qu'une envie, s'√©crouler dans son lit, avant de devoir recommencer la m√™me routine le lendemain, inlassablement‚Ķ?



Un débat houleux…


Il est plus tol√©r√© pour une m√®re de famille de ne pas travailler, surtout lorsque les enfants sont jeunes. Mais la question est syst√©matiquement pos√©e au p√®re : "Vous travaillez dans quoi ? Vous ne travaillez pas ūüėĪ ? Mais il faut travailler !" √Ä la question "Pourquoi ?" r√©pondue en retour, la r√©ponse est inlassablement la m√™me "Parce que c'est comme √ßa." Il n'y a qu'√† voir les jugements houleux des personnes travaillant pour un SMIC, envers les personnes b√©n√©ficiant des minima sociaux, qu'elles pensent financer "√† ne rien faire" avec leurs imp√īts. Au lieu de diriger leur col√®re du c√īt√© des politiciens, des industriels au portefeuille d√©bordant, de leurs magouilles et pots de vins, elles s'en prennent aux personnes qui ont eu un moins bon jeu de cartes, un accident de la vie (perte d'emploi, v√©hicule en panne, maladie, etc). Et quand on leur propose d'√©changer leur place, elles r√©pondent "Ha non je pr√©f√®re travailler !".


"Il y a des profiteurs dans tous les niveaux de la société, mais les profits ne sont pas du même niveau"



Pourtant les chiffres parlent d'eux-m√™mes : 25,6 milliards d'euros sont consacr√©s aux personnes b√©n√©ficiant des minima sociaux, sans pour autant les aider √† sortir de la pauvret√©. 44% du cr√©dit d'imp√īt pour l'emploi de personnel √† domicile vont aux 10% des contribuables les plus favoris√©s selon une √©tude parue en 2018. Gr√Ęce au m√©canisme de quotient familial, plus vous gagnez, plus vos enfants r√©duisent votre imp√īt. 30 milliards d'euros sont ainsi distribu√©s, dont la moiti√© au quart des m√©nages les plus ais√©s. En revanche, une famille b√©n√©ficiant des minima sociaux, et donc non imposable, ne verra jamais la couleur de ces cr√©dits d'imp√īts‚Ķ La suppression de la taxe d'habitation va faire gagner des milliers d'euros √† ceux vivant dans de luxueuses propri√©t√©s, contre quelques dizaines d'euros pour celles habitant dans de petits studios. Co√Ľt pour la collectivit√© : 20 milliards par an‚Ķ Je pense pouvoir m'arr√™ter l√†‚Ķ



√Člever ses enfants, des vacances‚Ķ


Aujourd'hui, 136 ans après que plusieurs personnes soient décédées dans cette lutte au simple droit de profiter un minimum de sa vie, on peut entendre certains politiques dire que le congé paternité est une absurdité. D'ailleurs beaucoup de gens pensent encore que le congé maternité, ou paternité, sont en fait des vacances. Un droit (!) octroyé inutilement, à une personne qui serait mieux à travailler qu'à se tourner les pouces chez soi. Un droit à disposer de sa vie ! Trop aimable …

On ne comprend pas, lorsqu'on rend visite √† une jeune maman venant d'accoucher, que son logement ne soit pas bien rang√©, propre et sentant le g√Ęteau fait maison, alors qu'elle n'a que √ßa √† faire. Cette m√™me jeune maman qui vient de fabriquer un petit √™tre, de le mettre au monde, qui est assaillie par les hormones, des √©motions ambivalentes, la fatigue des nuits √©reintantes, les douleurs d'un corps qui doit se remettre d'une √©preuve marathonnienne‚Ķ L√† encore la r√©ponse est souvent "Oh l√† l√†, on fait des b√©b√©s depuis la nuit des temps, ce n'est pas une maladie, tu l'as voulu". Empathie bonjour ūüĎč. On peut m√™me s'entendre dire "Avant on en faisait 10 des enfants, et on travaillait √† l'usine ou aux champs et on ne se plaignait pas !". Oui mais avant‚Ķ les √©tudes des neurosciences et du d√©veloppement de l'enfant n'√©taient pas connues du grand public, il n'√©tait pas autant consid√©r√©, plut√īt livr√© √† lui-m√™me (on entendra qu'aujourd'hui les parents sont trop


protecteurs‚Ķ). B√©b√© on pouvait le laisser pleurer durant des heures, le maternage √©tait distal. Aucun jugement ici, seulement une constatation, un regard neutre sur l'histoire telle qu'elle est, √† chaque √©poque nous faisons de notre mieux avec les connaissances actuelles. Par ailleurs, l'acc√®s √† la mobilit√©, le recul de l'√Ęge de d√©part √† la retraite, et les conditions de sant√© font qu'aujourd'hui les familles sont √©clat√©es, les grands-parents r√©sident loin et travaillent encore, alors qu'avant les jeunes parents pouvaient √™tre soutenus par leur famille et leurs amis √† proximit√©. Et finalement ‚Ķ dans les ann√©es 60, et alors que l'image de la petite m√©nag√®re laissait place √† une femme plus lib√©r√©e, les jeunes m√®res √©taient de grandes consommatrices de Valium (un tranquillisant prescrit dans le traitement des troubles de l'anxi√©t√©), donc pas si √©panouies que √ßa ‚Ķ Aujourd'hui les parents sont assaillis d'informations contradictoires, tiraill√©s entre deux modes de pens√©es, devant √™tre sur tous les fronts, devant cr√©er un compte en ligne pour consulter les notes de leurs enfants, un autre pour v√©rifier leurs remboursements d'assurance maladie, un autre pour payer leurs imp√īts‚Ķ la vie est plus compliqu√©e, alors que les journ√©es font toujours 24h.



Parents au foyer, tires-au-flan ou personnes actives ?


Ne plus travailler dans le salariat (ou dans l'entreprenariat) signifie-t-il que l'on passe ses journées devant des téléfilms ou à scroller sur les réseaux sociaux ? Est-on forcément inutile à la société, dont on bénéficie pourtant des avantages ?


De plus en plus de monde, notamment depuis la crise Covid, ont réalisé les bienfaits de ralentir… de retourner à l'essentiel. Certains ont pris la décision de plaquer leur vie citadine au rythme effréné pour atterrir en campagne et changer leur mode de consommation.


Des jeunes mères, réalisant d'expérience qu'il faut tout un village pour élever un enfant, rejoignent des associations de soutien à la parentalité : SuperMamans, Maman blues, L'or Blanc… afin d'apporter une oreille bienveillante, un soutien logistique, des informations… D'autres parents s'engagent dans les bureaux de parents d'élèves de leur école, et permettent à celle-ci de fonctionner correctement.


Certains élèvent simplement leurs enfants, quand d'autres font appel à une assistante maternelle rémunérée, à juste titre.


Conclusion…


Bien √©videmment, mon but n'est pas d'opposer les personnes qui travaillent, durement, et les personnes qui ne travaillent pas. J'aimerai simplement que la 1√®re question que l'on pose pour lancer la discussion, "Que fais-tu dans la vie ?" signifie √† l'avenir non pas "Dans quoi tu travailles ?" mais plut√īt "Qu'est-ce qui te passionne, quels sont tes loisirs, es-tu heureux ?".







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