• Réjane Ferré

La diversification, un vrai casse-tête…

Quand vint l'heure de diversifier Riri, je me suis renseignée. 4 mois, 6 mois, les légumes, les fruits, les quantités, avant ou après les tétées, le risque d'allergie si on diversifie trop tôt ou trop tard, il y a clairement de quoi s'y perdre parmi ces informations contradictoires. J'ai donc pris le temps de faire le tri, et ai découvert la DME : diversification menée par l'enfant. Le concept m'a conquise directement. Cela me semblait la continuité parfaite de l'allaitement, dans le sens où la DME respecte les besoins de l'enfant. Le parent dispose des aliments variés et équilibrés, de qualité, et l'enfant gère les quantités dont il a besoin. L'équilibre alimentaire se fait sur plusieurs repas, il peut donc préférer une catégorie d'aliments à un repas, une autre au repas suivant, manger peu, puis beaucoup, sans que cela pose de soucis. Il se dirige naturellement vers ce dont son corps a besoin, si tant est qu'on lâche prise sur notre propre éducation et qu'on lui fasse confiance. Je conçois que la surveillance de la courbe poids soit anxiogène pour certains parents qui ont pu rencontrer des difficultés. Il est alors bon de rappeler que le lait reste l'aliment principal la première année, et qu'il couvre la majeure partie des apports journaliers nécessaires durant plusieurs années. Ce ne sont pas des carottes qui vont faire grossir l'enfant… C'est d'ailleurs pourquoi il est primordial de donner le lait (tétée ou PCN, préparation commerciale pour nourrissons) avant les solides, afin de ne pas remplir l'estomac avec des aliments insuffisamment caloriques. La diversification n'est que de la découverte. Les générations précédentes, dont la nôtre, ont été éduquées à coups de "finis ton assiette sinon pas de dessert", "tu es punie de dessert", "tu resteras à table tant que tu n'auras pas fini ton assiette"... Aujourd'hui nous pouvons observer de nombreuses personnes en proie aux troubles du comportement alimentaire, en surpoids, qui ne savent pas écouter leur corps et leur sensation de satiété. Comment peut-on raisonnablement penser que tous les bébés doivent absolument prendre telle quantité à telle heure à tel âge ? Nous adultes avons-nous toujours la même faim, et autant que le voisin ? Bien évidemment que non ! Par ailleurs, les horaires de repas tels qu'on les connaît sont surtout dûs à l'ère de l'industrialisation, afin d'améliorer la productivité en usine notamment. Un autre argument qui revient souvent lorsque l'on mentionne la DME, c'est la peur de l'étouffement. Il s'avère en réalité que le risque d'étouffement est bien plus important avec la diversification classique (cad les purées), car le GAG, qui est le réflexe qui permet de vomir un morceau trop gros, qui serait rendu trop loin, recule beaucoup trop vite avec les purées. Par ailleurs, en DME, les morceaux proposés sont fondants, et les mâchoires de bébé (notamment celles du bébé allaité qui sont plus musclées), même sans dents, mâchent sans soucis. Pour les parents les plus angoissés, il est possible, quelque soit la diversification choisie, de se former aux premiers secours auprès de la Croix Rouge. Pour toutes ces raisons (et d'autres, comme le fait que ça fasse travailler la motricité fine de bébé, que la diversification passe également par tous les sens, vue, toucher, odorat, goût… et que c'est plus pratique 😅) nous avons donc opté pour la DME. Et nous avons choisi de suivre les recommandations des instances de santé (telles que l'OMS, qui n'est pas destinée qu'aux pays en voie de développement…), qui conseillent d'allaiter de façon exclusive jusqu'à 6 mois (puis jusqu'à 2 ans et plus en parallèle de la diversification). En effet, les dernières études ont démontré que le risque d'allergies ne diminuait pas avec une diversification précoce, mais que celle-ci pouvait être délétère, le système digestif de bébé étant encore trop immature. 6 mois est un indicateur évidemment, bébé n'est pas forcément prêt le jour de ses 6 mois. Il doit déjà avoir un tonus musculaire suffisant pour tenir assis et pouvoir se redresser (sinon risque d'étouffement) (les repas et les trajets en voiture sont les deux exceptions à la motricité libre). Il doit être intéressé, réellement (on peut s'assurer que ce n'est pas du mimétisme en lui proposant des aliments en bois par exemple, s'il s'en contente, c'est qu'il est juste dans l'imitation). Ensuite il suffit de s'équiper d'une bonne serpillière ou d'un chien 😅😂. Les débuts sont salissants, mais cela fait partie de l'expérimentation, de la découverte, il y en a souvent plus parterre ou dans les cheveux de bébé que dans son estomac. Une nappe placée sous la chaise peut être judicieuse. Les tabliers à manches longues ou les serviettes en coton enduit que vous pouvez trouver dans mon catalogue sont également primordiaux. Comme expliqué plus haut, le lait est l'aliment principal durant la première année, mais il s'avère que vers 6 mois, le lait ne suffit plus tout à fait à couvrir les besoins en fer de bébé. Saviez-vous que lors de la naissance, attendre que le cordon ombilical cesse de battre avant de le couper permettait à l'enfant de bénéficier de toutes les réserves en fer du placenta ?


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