• Réjane Ferré

Vous voulez un whisky ? Oh un doigt !


Je ne te fais pas un dessin, le toucher vaginal tu en as sûrement déjà fait l'expérience, notamment dans le cadre de tes examens gynécologiques de contrôle . J'espère seulement que c'était avec un professionnel de santé compétent et qui a su te mettre à l'aise, dans la mesure du possible.

Lors de la grossesse, et de l'accouchement, beaucoup de futures et jeunes mères ont pu se sentir dépossédées de leur corps, du fait des nombreux touchers vaginaux effectués par les différents professionnels de santé rencontrés à l'occasion. L'expression qui revient souvent est la suivante : « J'ai l'impression que tout le monde a vu ma 🙀 ».

Il faut savoir que les recommandations ont changé, et que les touchers vaginaux doivent désormais être limités, car s'ils peuvent être nécessaires, ils ne sont pas sans risques !

Ton consentement éclairé est bien évidemment primordial, la loi Kouchner est claire à ce sujet, aucun acte ne peut être pratiqué à ton encontre (ou celle de ton bébé) sans ton accord, et sans t'avoir préalablement donné des informations fiables et compréhensibles.


Dans quels cas le toucher vaginal est-il recommandé ?

  • Si tu ressens des contractions durant ta grossesse. Il est alors nécessaire de vérifier si ces contractions ont un impact sur le col.

  • En cas de saignements anormaux, afin de comprendre leur origine.

  • Lors de la programmation d'un déclenchement, afin de déterminer la méthode de déclenchement nécessaire.

  • Si tu souhaites la péridurale, il faut vérifier l'état du col, car la péridurale peut considérablement ralentir le travail.

  • Lors de la perte des eaux, le cordon ombilical peut être entraîné dans le col de l'utérus et être comprimé entre le bébé et l'os du bassin maternel, bloquant ainsi les apports en oxygène du bébé. Cet événement très rare se nomme la « procidence du cordon ».

Et quand faut-il l'éviter ?

  • Le plus possible : c'est un geste sur-utilisé et intrusif qui peut être très mal vécu.

  • Lorsqu'une grossesse se déroule sans pathologie particulière, c'est-à-dire la plupart du temps, il n'a aucune utilité, et peut au contraire modifier le col, causer une rupture accidentelle de membranes et des infections, même avec le port de gants.

  • Il est inutile et inutilement stressant durant l'accouchement : le fait que le col doive se dilater d'un centimètre par heure est un mythe. Le travail peut être plus ou moins long. Un professionnel de santé correctement formé peut déterminer l'avancement du travail juste en observant la parturiente et son comportement.

  • Ce geste peut être douloureux, notamment lorsqu'on a un col fragile.

  • Si le travail semble, au vu de l'avancée de la dilatation, être trop lent aux yeux de l'équipe médicale, cela peut entraîner des interventions en cascade.


Les recommandations actuelles sont les suivantes, selon l'OMS :

  • Pendant le premier stade du travail, une fois toutes les 4h, afin d'établir que le travail est bien en cours. Si le travail se passe bien, un seul examen peut suffire à un professionnel expérimenté.

  • Une autre pratique dans la gestion du travail consiste à n'effectuer un toucher vaginal que quand cela semble nécessaire : si l'intensité et la fréquence des contractions diminuent, lors de présence de sang dans le bouchon muqueux, avant d'administrer des analgésiques, ou lorsque le besoin de pousser se fait ressentir.

  • Et surtout, je le rappelle, avec ton consentement éclairé, c'est-à-dire qu'on doit t'expliquer pourquoi il est nécessaire de pratiquer cet acte !


7 vues0 commentaire